Un audit de site internet avant une refonte sert à trancher une seule question : faut-il corriger le site actuel ou le reconstruire ? Six points suffisent pour un premier avis, et un dirigeant peut les vérifier seul avec son téléphone et deux outils gratuits de Google : la clarté de l'offre, les demandes reçues, la présence sur Google, les pages qui travaillent déjà, la vitesse sur mobile et l'autonomie de l'équipe. Des problèmes isolés se corrigent. Des problèmes de structure demandent une refonte.
Un audit de site internet évoque souvent un rapport de 80 pages couvert de scores. France Num, le portail de l'État pour la transformation numérique des TPE et PME, le dit plus simplement : « Pas besoin d'être un expert en référencement naturel pour réaliser une première évaluation de votre site web. » Ce qui compte, c'est la décision qui sort de cette évaluation.
La grille qui suit reprend celle de mes mini-audits pour des PME B2B, ramenée à ce que vous pouvez vérifier sans compétence technique. Pour chaque point, vous saurez si le problème se règle sur le site actuel ou s'il demande une nouvelle structure.
Qu'est-ce qu'un audit de site internet ?
Un audit de site internet est un état des lieux : ce que le site dit, ce que Google en voit, et ce qu'il rapporte. France Num définit l'audit SEO comme « une analyse complète de la visibilité d'un site web dans les moteurs de recherche ». Avant une refonte, la question s'élargit à l'offre et aux demandes, parce qu'un site peut être bien placé sur Google et mal expliquer ce que vous vendez.
L'audit évite de payer un nouveau site pour un problème qui se corrige en quelques heures. Et si la refonte se justifie, il dit ce qu'il faut garder : les pages qui attirent des visites, les contenus qui rassurent, les adresses que Google connaît déjà.
Les outils d'audit gratuits en ligne donnent un score sur 100 en deux minutes. Ils repèrent des balises manquantes ou des images trop lourdes, et c'est utile. Ils ne savent pas si votre page d'accueil dit pour qui vous travaillez, ni si vos demandes de devis arrivent dans la bonne boîte.
Votre offre est-elle comprise en cinq secondes ?

Ouvrez votre page d'accueil sur votre téléphone, sans faire défiler. Montrez-la cinq secondes à quelqu'un qui ne connaît pas l'entreprise, puis demandez-lui ce que vous vendez, et à qui. Si sa réponse est floue, le prospect qui arrive de Google a le même problème.
Dans mes mini-audits, je commence par trois éléments lus dans le code de la page : le titre qui s'affiche dans Google, la courte description sous ce titre, et le grand titre de la page. Sur les sites industriels, ce grand titre est souvent un slogan ou le nom de l'entreprise, et l'offre n'apparaît qu'en bas de page, rédigée dans le vocabulaire interne.
Ça se corrige quand l'offre est bien décrite ailleurs sur le site et qu'il manque une phrase d'accroche claire, un titre Google précis ou une description. C'est un travail de quelques heures.
Ça demande une refonte quand l'offre a changé et que les pages décrivent encore l'ancienne, ou quand les gammes sont rangées par références internes plutôt que par besoin du client. Il ne manque plus une phrase : c'est l'arborescence du site qui ne correspond plus à la façon dont vos clients cherchent.
Combien de demandes votre site vous apporte-t-il ?
C'est le point le plus parlant, et souvent le seul que personne ne mesure. Comptez les demandes de devis et de contact arrivées par le site sur les six derniers mois. Demandez ensuite à l'équipe commerciale combien de clients signés ont commencé par là.
Faites aussi le test vous-même : envoyez une demande depuis votre téléphone, avec le formulaire de la page de contact et celui d'une fiche produit s'il en existe un. Vérifiez qu'elle arrive, à quelle adresse, et qui y répond.
Ça se corrige quand la cause est mécanique : un formulaire qui n'envoie plus rien, une adresse de réception qui appartenait à un ancien salarié, une page de contact cachée dans le pied de page, un formulaire de douze champs pour une simple question.
Ça demande une refonte quand le site reçoit des visites mais presque aucune demande sur les pages d'offre, et que vos prospects posent au téléphone des questions auxquelles le site devrait répondre. Le problème n'est plus le formulaire. C'est le parcours qui ne mène pas jusqu'à lui.
Votre site apparaît-il sur Google quand on cherche ce que vous vendez ?
Tapez le nom de votre entreprise : vous devez sortir en premier. Ce test dit peu de chose, puisque ceux qui connaissent votre nom vous trouvent déjà. Le vrai test consiste à taper ce que tape un client qui ne vous connaît pas : votre produit ou votre service, avec votre zone si elle compte. Faites-le en navigation privée, puis refaites-le quelques jours plus tard. Google personnalise les résultats, et une seule recherche ne prouve rien.
Si vous avez accès à la Search Console, l'outil gratuit de Google pour suivre son site, ouvrez le rapport sur l'indexation des pages. Il montre « les pages que Google peut trouver et indexer sur votre site, ainsi que les problèmes d'indexation rencontrés ». Une page d'offre absente de l'index n'existe pas pour Google, même si elle est très bien écrite.
Ça se corrige dans la plupart des cas : une page non indexée, un titre Google générique, une gamme qui n'a pas de page à elle. Ce sont des corrections ciblées.
Ça demande une refonte rarement pour cette seule raison. Une refonte ne règle pas le référencement d'elle-même. Mal préparée, elle le fait même baisser, d'où l'importance de savoir quelles pages garder.
Quelles pages devez-vous garder pendant la refonte ?
Avant de refaire quoi que ce soit, listez les pages qui travaillent déjà. Dans la Search Console, le rapport Performances classe vos pages par nombre de clics : regardez les douze derniers mois. Ajoutez les pages que vos commerciaux envoient aux prospects, et les fiches techniques en PDF téléchargées depuis le site.
Ces pages ont une adresse que Google connaît. Si elle change sans précaution, la visibilité qu'elle portait se perd. Google demande d'« établir un mappage entre les URL de votre ancien site et celles du nouveau » et recommande des redirections permanentes des anciennes adresses vers les nouvelles. Il prévient aussi que pendant une migration, « il est possible que le classement de votre site connaisse une certaine fluctuation ».
Ce point ne décide pas entre corriger et refaire. Il décide du travail que demandera la refonte : plus il y a de pages qui comptent, plus l'inventaire et les redirections pèsent dans le prix d'une refonte. Les étapes sont détaillées dans le guide de la refonte de site pour une PME B2B.
Votre site est-il rapide sur un vrai téléphone ?
Jugez la vitesse sur votre propre téléphone, en 4G, hors du wifi du bureau. Ouvrez la page d'accueil, une page d'offre et une fiche produit. Si vous attendez avant de pouvoir lire ou cliquer, vos prospects attendent aussi.
PageSpeed Insights, l'outil gratuit de Google, donne un score de vitesse. Prenez-le avec prudence. Sa note principale vient d'un chargement simulé, et Google précise lui-même que cette mesure en laboratoire « peut ne pas refléter les goulots d'étranglement réels ». J'ai arrêté de citer ces scores dans mes mini-audits : sur une même page, j'ai vu le temps d'affichage du contenu principal passer de 12,1 secondes à 4,2 secondes d'une mesure à l'autre. La partie la plus fiable est celle des données réelles, issues des visiteurs qui utilisent Chrome, quand votre site a assez de trafic pour l'afficher.
Ça se corrige quand la lenteur vient d'images trop lourdes, d'une vidéo en fond de page ou de scripts accumulés au fil des années.
Ça demande une refonte quand le site repose sur un thème ou un constructeur de pages si chargé que personne ne peut l'alléger sans tout casser.
Votre équipe peut-elle modifier le site sans prestataire ?
Demandez-vous quand une page d'offre a été mise à jour pour la dernière fois, et par qui. Puis faites l'essai : changez une phrase sur une page produit, ou ajoutez une réalisation. Si personne ne sait le faire, ou si chacun a peur de casser quelque chose, le site vieillira plus vite que votre offre.
Vérifiez aussi les accès : qui détient le nom de domaine, qui a les identifiants de l'hébergement, qui a encore un compte alors qu'il a quitté l'entreprise.
Ça se corrige quand il s'agit d'accès perdus à récupérer ou d'une équipe à former à l'outil.
Ça demande une refonte quand chaque modification passe par un développeur, ou que l'outil n'est plus maintenu. Sur la refonte que j'ai menée pour un fabricant de sécurité électronique, c'était l'un des enjeux : le catalogue, les actualités et la documentation technique, en français et en anglais, sont aujourd'hui tenus dans le CMS par les équipes marketing et technique.
Corriger ou refaire : le tableau de décision

Reportez vos réponses dans ce tableau. Si tous vos constats tombent dans la colonne du milieu, vous n'avez pas besoin d'une refonte : quelques corrections ciblées suffiront, et elles coûtent bien moins cher.
| Point vérifié | Ça se corrige si | Ça demande une refonte si |
|---|---|---|
| Clarté de l'offre | Il manque une accroche, un titre Google ou une description | L'offre a changé, ou les gammes suivent vos références internes |
| Demandes reçues | Le formulaire est cassé, trop long ou introuvable | Le site a des visites, presque aucune demande, et les mêmes questions reviennent au téléphone |
| Présence sur Google | Une page n'est pas indexée, un titre est générique | Rarement pour cette seule raison |
| Pages à garder | Ce point ne tranche pas | Il fixe le volume d'inventaire et de redirections |
| Vitesse sur mobile | Images lourdes, vidéo en fond, scripts en trop | Thème ou constructeur impossible à alléger |
| Autonomie de l'équipe | Accès à récupérer, équipe à former | Chaque modification passe par un développeur |
La refonte se justifie quand plusieurs constats tombent dans la dernière colonne, surtout les deux premiers. Pas parce que le site a cinq ans. Pas parce qu'un concurrent vient de refaire le sien. Parce que le site n'explique plus ce que vous vendez, ou ne mène plus jusqu'à la demande.
Vos constats ont ensuite une seconde utilité : ils deviennent le point de départ du cahier des charges du nouveau site.
Ce qu'un score d'audit automatique ne remplace pas
Les rapports des outils repèrent des problèmes. Mais comme l'écrit France Num, « ce qui va faire la différence, c'est votre capacité à hiérarchiser les actions à mener ». Un score sur 100 met au même niveau une image sans texte alternatif et un formulaire qui n'envoie plus rien.
Pour trier, j'applique quatre filtres à chaque constat avant de le garder. Il doit se reproduire d'une mesure à l'autre. Vous devez pouvoir le vérifier vous-même, sur votre téléphone. Il doit pouvoir se corriger. Et il doit toucher votre activité, pas une bonne pratique abstraite. Un constat modeste et incontestable vaut mieux qu'un constat spectaculaire que le prochain test contredira.
Questions fréquentes
Comment faire un audit d'un site internet ? Commencez par les questions qui touchent votre activité : votre offre est-elle comprise, combien de demandes le site apporte-t-il, apparaît-il sur Google pour ce que vous vendez. Complétez avec deux outils gratuits de Google, la Search Console pour l'indexation et les clics, et PageSpeed Insights pour la vitesse. Ne gardez que les constats que vous pouvez reproduire et corriger.
Qu'est-ce qu'un audit de site web ? C'est un état des lieux d'un site : ce qu'il dit, ce que Google en voit et ce qu'il rapporte. Un audit SEO se concentre sur la visibilité dans les moteurs de recherche. Avant une refonte, on y ajoute la clarté de l'offre, les demandes reçues et la facilité de mise à jour.
Où trouver un audit gratuit pour mon site internet ? La Search Console et PageSpeed Insights, deux outils de Google, sont gratuits et donnent les données les plus fiables sur votre propre site. Les outils d'audit en ligne donnent un score rapide, utile pour repérer des erreurs techniques. Aucun ne dit si votre offre est claire : ce test-là demande un regard extérieur.
Quel est l'outil le plus courant pour auditer un site web ? La Search Console est l'outil de référence, parce que ses données viennent directement de Google : pages indexées, requêtes, clics. Des outils d'exploration comme Screaming Frog complètent l'analyse technique sur les gros sites. Pour le site vitrine d'une PME, la Search Console et un téléphone suffisent pour un premier avis.
Avant de refaire votre site
Un audit avant une refonte doit vous dire une chose : avez-vous un problème de réglages, ou un problème de structure ? Si vos constats se corrigent un par un, gardez votre site et corrigez-le. S'ils pointent vers l'offre, le parcours ou l'outil, c'est la structure qu'il faut reprendre.
Dans le second cas, voyez ce que couvre une refonte de site internet, ou parlons de vos constats lors d'un premier échange.
