En bref : un cahier des charges de site internet pour une PME tient en 3 à 6 pages. Il décrit votre entreprise, ce que le site doit vous apporter (des demandes de devis, des rendez-vous, de la crédibilité), qui doit le lire, les pages et fonctionnalités prévues, vos contraintes de budget et de délai, et qui fera les mises à jour ensuite. Il décrit votre besoin. Le choix de l'outil (Webflow, WordPress ou un autre) revient au prestataire, qui doit le justifier.
Vous voulez créer ou refaire le site de votre entreprise. Vous contactez trois prestataires et vous recevez trois devis qui n'ont rien à voir : l'un à quelques centaines d'euros, l'autre dix fois plus cher, et un troisième entre les deux, qui ne parle pas des mêmes pages. Le plus souvent, les prestataires n'ont pas compris la même chose de votre projet. J'ai détaillé ces écarts dans pourquoi les devis de site internet varient du simple au triple.
C'est à ça que sert le cahier des charges : poser votre projet par écrit pour que tout le monde parte de la même base.
À quoi sert un cahier des charges (et à quoi il ne sert pas)
Le cahier des charges a trois usages concrets :
- Obtenir des devis comparables. Si chaque prestataire reçoit le même document, les écarts de prix s'expliquent par les choix de chacun, et non par une compréhension différente du projet.
- Clarifier vos propres idées. En rédigeant, beaucoup de dirigeants s'aperçoivent qu'ils n'avaient pas tranché certains points : un blog ou pas ? une version anglaise ? qui écrit les textes ?
- Servir de référence pendant le projet. Quand une demande arrive en cours de route, on regarde si elle figurait dans le document. Ça évite pas mal de malentendus des deux côtés.
En revanche, ce n'est pas un document technique. Inutile d'imposer un CMS, une extension ou un hébergeur si vous n'avez pas de raison précise de le faire. Le prestataire choisit les moyens et vous les explique. Vous, vous décrivez le besoin.
Les 8 rubriques d'un cahier des charges de site internet

1. Votre entreprise en quelques lignes
Activité, localisation, taille, clients types, ce qui vous distingue de vos concurrents. Cinq à dix lignes suffisent. Ajoutez deux ou trois concurrents dont vous connaissez le site.
2. Les objectifs du site
C'est la rubrique la plus importante, et souvent la plus vague. « Avoir un site moderne » n'est pas un objectif. Formulez plutôt ce que vous attendez du site :
- recevoir des demandes de devis ou de rendez-vous ;
- rassurer des prospects qui vous ont trouvé par le bouche-à-oreille ;
- recruter ;
- être trouvé sur Google pour un service et une ville précis.
Classez-les par ordre de priorité. Un site qui doit avant tout générer des rendez-vous ne se construit pas comme un site qui doit surtout rassurer.
Précisez aussi ce que vous attendez concrètement du visiteur : qu'il remplisse un formulaire, qu'il appelle, qu'il prenne rendez-vous, qu'il télécharge un document. C'est cette action qui détermine la place des boutons sur chaque page.
3. Les personnes qui vont le lire
Qui sont vos visiteurs, et qu'est-ce qu'ils cherchent en arrivant ? Un particulier qui compare des artisans et un directeur financier qui vérifie votre sérieux avant un rendez-vous n'attendent pas la même chose du site.
Ajoutez le message principal que vous voulez faire passer et le ton du site : sérieux, rassurant, chaleureux, expert. Ces deux réponses guident la rédaction autant que le design.
4. L'existant
Est-ce que vous avez déjà un site, un nom de domaine, une adresse e-mail professionnelle, un compte Google Business Profile ? À quel nom sont le nom de domaine et l'hébergement ? Ce point paraît secondaire, mais un nom de domaine enregistré au nom d'un ancien prestataire peut bloquer un projet pendant des semaines.
5. Les pages et les contenus
Faites une liste des pages, même approximative : accueil, services (une page par service, si possible), à propos, réalisations, contact, mentions légales. Précisez qui fournit les textes et les photos. C'est souvent ce qui retarde le plus un projet. Si vous voulez que le prestataire rédige ou optimise les textes, dites-le : c'est un poste à part entière dans le devis.
6. Les fonctionnalités
Listez uniquement celles dont vous avez réellement besoin :
- formulaire de contact ou de demande de devis ;
- prise de rendez-vous en ligne ;
- blog ou actualités ;
- plusieurs langues ;
- simulateur, espace client, paiement en ligne.
Pour chaque fonctionnalité, indiquez si elle est indispensable ou si elle peut attendre une deuxième étape. C'est le levier le plus efficace pour tenir un budget.
7. L'identité visuelle et les inspirations
Logo, couleurs, typographies existantes, charte graphique si vous en avez une. Ajoutez deux ou trois sites que vous aimez, en expliquant pourquoi : la clarté, l'ambiance, la façon de présenter les services. Un « j'aime bien ce site » sans explication n'aide pas beaucoup le prestataire.
8. Les contraintes : budget, délai, autonomie
- Budget : donnez une fourchette. Sans elle, les prestataires répondent à l'aveugle, et vous recevez des propositions qui ne correspondent pas à vos moyens. Pour vous situer, voici ce que coûte vraiment un site vitrine.
- Délai : une date de mise en ligne souhaitée, et la raison si elle existe (un salon, un lancement, une campagne).
- Autonomie : qui modifiera le site après la livraison ? Vous, quelqu'un de l'équipe, le prestataire ? C'est souvent ce point qui oriente le choix de l'outil.
- Obligations : mentions légales, gestion des cookies (RGPD), et, selon votre activité, accessibilité. Les règles européennes sur l'accessibilité s'appliquent depuis juin 2025 à certains services en ligne, notamment la vente en ligne, et les microentreprises de services en sont exemptées. Si vous n'êtes pas sûr d'être concerné, posez la question à votre prestataire.
Le modèle à copier
Reprenez ces huit rubriques dans un document, avec une ou deux lignes par point :
| Rubrique | Ce que vous y écrivez |
|---|---|
| 1. L'entreprise | Activité, zone servie, taille de l'équipe, clients types, ce qui vous distingue, concurrents (avec leurs sites) |
| 2. Objectifs du site | Trois objectifs au plus, classés par priorité, et l'action attendue du visiteur |
| 3. Visiteurs ciblés | Qui ils sont, ce qu'ils cherchent en arrivant, le message à leur faire passer, le ton du site |
| 4. L'existant | URL du site actuel, au nom de qui sont le nom de domaine et l'hébergement, fiche Google Business Profile |
| 5. Pages et contenus | Liste des pages prévues, qui fournit les textes, qui fournit les photos |
| 6. Fonctionnalités | Indispensables au lancement, puis celles qui peuvent attendre |
| 7. Identité visuelle | Logo, couleurs, typographies, deux ou trois sites d'inspiration avec la raison |
| 8. Contraintes | Fourchette de budget, date de mise en ligne souhaitée, qui fera les mises à jour, langues |
Vous préférez répondre directement à des questions ? C'est le questionnaire que j'envoie à mes clients : remplir le questionnaire de brief. Vos réponses m'arrivent et je reviens vers vous.
Exemple : le cahier des charges d'un cabinet comptable
Exemple fictif, construit pour illustrer le modèle.
Prenons un cabinet d'expertise comptable d'une dizaine de personnes, installé près de Montpellier, dont les clients sont surtout des artisans et des commerçants. Son site date de plusieurs années et ne génère presque aucun contact.
- Objectifs : 1) recevoir des demandes de premier rendez-vous de créateurs d'entreprise ; 2) rassurer les prospects envoyés par des clients existants ; 3) recruter des collaborateurs comptables.
- Visiteurs : créateurs d'entreprise qui comparent plusieurs cabinets ; candidats qui vérifient l'ambiance du cabinet.
- Pages : accueil, une page par mission (création, tenue comptable, social, juridique), équipe, recrutement, contact. Les textes sont rédigés par le prestataire à partir d'un entretien, les photos sont prises sur place.
- Fonctionnalités : indispensables, un formulaire de demande de rendez-vous et une page recrutement que le cabinet met à jour lui-même ; plus tard, un blog fiscal.
- Contraintes : mise en ligne avant la période de rentrée, mises à jour faites par l'assistante du cabinet, budget communiqué en fourchette.
Ça tient sur deux pages, et un prestataire peut chiffrer à partir de ça.
Cahier des charges pour une refonte : ce qui change

Pour une refonte, ajoutez trois éléments :
- Ce qui ne fonctionne pas aujourd'hui : site lent, difficile à modifier, peu de contacts, image dépassée. Soyez concret.
- Ce qui fonctionne et doit être gardé : des pages qui ramènent du trafic, des contenus que les clients citent, une adresse que tout le monde connaît.
- Les chiffres disponibles : visites, pages les plus consultées, requêtes Google si vous avez accès à la Search Console. Ils servent à éviter de perdre en refonte le trafic que l'ancien site obtenait. Pour ça, il faut prévoir des redirections des anciennes adresses vers les nouvelles.
Le déroulé complet est dans les 6 étapes d'une refonte de site pour une PME.
Les erreurs qui faussent les devis
- Imposer la technique sans raison. « Le site doit être sous WordPress » ferme la porte à des solutions qui pourraient mieux vous convenir. Si vous avez une raison (une équipe déjà formée, un outil à connecter), écrivez la raison.
- Tout mettre au même niveau. Quand tout est indispensable, le devis gonfle. Séparez ce qui est nécessaire au lancement de ce qui peut venir ensuite.
- Oublier les contenus. Un site sans textes ni photos ne peut pas être mis en ligne. Dites qui les produit, et à quelle date.
- Ne pas donner de budget. Ce n'est pas se mettre en position de faiblesse. Ça permet au prestataire de proposer la meilleure solution pour cette enveloppe.
- Écrire 30 pages. Un document trop long est moins lu. Pour une PME, la clarté compte plus que l'exhaustivité.
Le rédiger seul ou avec son prestataire ?
Les deux fonctionnent. Rédiger une première version seul vous oblige à réfléchir à vos objectifs, et c'est utile. Mais beaucoup de points ne s'éclaircissent qu'en discutant : ce qui est réaliste pour votre budget, ce qui peut attendre, ce que tel ou tel outil permet.
En pratique, le plus efficace consiste souvent à remplir le modèle ci-dessus, même incomplet, puis à en faire le point lors d'un premier appel. Un bon prestataire pose les questions qui manquent et reformule votre besoin par écrit dans sa proposition.
C'est ce que je fais avec mes clients. Avant de chiffrer quoi que ce soit, je leur envoie un questionnaire de brief en ligne en sept parties : l'entreprise, les objectifs du site, la cible, les contenus et les pages, le design, les fonctionnalités, puis le budget, le délai et le nom de domaine. Leurs réponses me servent de cahier des charges, et ce qui reste flou, on le précise ensemble.
Questions fréquentes
Combien de pages doit faire un cahier des charges de site internet ? Pour une TPE ou une PME, 3 à 6 pages suffisent généralement. Ce qui compte, c'est que les objectifs, les pages, les fonctionnalités et les contraintes soient clairs.
Faut-il indiquer son budget dans le cahier des charges ? Oui, au moins sous forme de fourchette. Sans budget, les prestataires proposent des solutions difficiles à comparer, et parfois hors de portée.
Est-ce que le cahier des charges est obligatoire ? Non. Pour un petit site vitrine, une page bien remplie peut suffire. Mais plus vous consultez de prestataires, plus un document commun devient utile.
Faut-il choisir entre Webflow et WordPress avant d'écrire le cahier des charges ? Ce n'est pas nécessaire. Décrivez qui mettra le site à jour, ce qu'il doit faire et vos contraintes. Le prestataire doit vous recommander un outil et expliquer pourquoi il convient à votre cas. Si vous hésitez déjà, voici comment choisir entre Webflow et WordPress.
Ce que vous pouvez faire maintenant
Copiez le modèle, remplissez ce que vous savez déjà et laissez vides les cases sur lesquelles vous hésitez. Ces cases vides sont justement les questions à poser aux prestataires que vous allez rencontrer.
Si vous voulez qu'on le relise ensemble, envoyez-le-moi : on en parle lors d'un premier échange, et vous repartez avec un besoin clarifié, que vous travailliez avec moi ou non. Vous pouvez aussi remplir directement mon questionnaire de brief.
